Face à des violences sociales subies par un grand nombre d’entre nous, à un système économique qui crée et généralise l’individualisme, la marchandisation et la mise en concurrence comme modèle de société, nous tentons de construire un lieu d’expérimentation interrogeant les liens entre éducation populaire* et création artistique. Comment faire aujourd’hui solidarité dans un système qui ne cesse d’organiser la compétition entre individus ; dans lequel le repli sur soi et les processus affinitaires, rendus possibles notamment par la numérisation de nos vies, participent à creuser des frontières entre classes sociales, genres et origines ? Cette démarche de recherche a pour ambition d’inventer de nouvelles formes de mise à l’abri, de fabrique d’actions et de paroles collectives ainsi que leur mise en puissance.
Par l’accueil, par des pratiques d’éducation de TouTEs par TOuTEs et par des recherches artistiques, nous œuvrons au quotidien et dans la durée pour lutter contre les inégalités, les exclusions et l’appauvrissement général des débats.
(*) « Éducation populaire : Ensemble des pratiques éducatives et culturelles qui œuvrent à la transformation sociale et politique, travaillent à l’émancipation des individus et du peuple, et augmentent leur puissance démocratique d’agir. » Christian Maurel
Faire Maquis (objectifs et projet politique)
Chacun.e d’entre nous navigue entre différents statuts plus ou moins choisis ou subis ; nous faisons l’expérience chaque jour de la multiplicité de ces statuts au sein d’une communauté ainsi que de leur correspondance en termes de rôles et de fonctions. Le Maquis s’attache à interroger les mécanismes émancipateurs au sein de cadres formels (projets) et informels (vie quotidienne).
Nous inventons des pratiques associant l’exigence du faire ensemble et celle des formes esthétiques et artistiques. Ainsi, nous invitons plusieurs composantes du corps social à s’associer pour l’élaboration de prises de position collectives. Ce processus s’accompagne nécessairement de l’expression des conflits, de l’énoncé des rapports de force et de dominations ainsi que de la révélation des intérêts multiples qui traversent le corps social.
Le Maquis s’intéresse aux pratiques qui s’inscrivent dans une fonction émancipatrice. Il s’agit de travailler à fabriquer du commun en respectant l’égalité des intelligences, en tenant compte des inégalités sociales et des dominations. Les compétences techniques et les savoirs faire des personnes sont mises au service de l’intérêt collectif et de la transmission.

